Des victimes d’AVC remarchent après des injections de cellules souches (500 mots ~ 3 minutes)

Visage paralysé à moitié, bras qui ne peuvent plus se lever, troubles de l’élocution… Les symptômes de l’accident vasculaire cérébral sont maintenant connus et le grand public a l’occasion d’être au courant par des spots musicaux, des affiches et d’autres campagnes de prévention.

Malgré cela, les AVCs ont des séquelles qui ne sont pas toujours réversibles à l’heure actuelle, notamment une perte de certaines fonctions cognitives et une perte de mobilité. Dans ce contexte, Gary Steinberg, neurochirurgien à l’université de Stanford, peut être fier de lui : la procédure qu’il a conduite, avec d’autres praticiens, sur 18 participants a permis d’améliorer de plus de dix pour cents leur mobilité après un accident vasculaire cérébral. Pour certaines personnes, on parle de bien plus que 10%, puisqu’une femme de 71 ans qui ne pouvait plus lever que son pouce gauche pouvait à nouveau marcher… Mon titre n’est donc pas du clickbait à la con, mon honneur est sauf (pour aujourd’hui).

Cette expérience a été conduite par la société SanBio de Mountain View, en Californie (oui oui, là où il y a aussi Google). Elle n’est pas la première, puisque l’entreprise Britannique ReNeuron a également conduit une expérience aux résultats tout à fait cohérents avec celle de Sanbio. Ces deux compagnies préparent d’autres essais, sur plus de patients, avec le soutien d’associations de prévention des AVCs, qui demandent plus d’essais de ce genre pour établir avec certitude l’effet de ces thérapies.

Bien sûr, certains protocoles avec placebos sont prévus : la thérapie consiste à injecter, dans le crâne, des cellules souches mésenchymateuses (le mésenchyme, c’est un des feuillets embryonnaires), et certaines personnes auront donc, à leur insu, et à l’insu du médecin avec lequel elles parleront, à une injection de… « rien »… C’est un procédé courant, même en chirurgie, qui garantit que la guérison spectaculaire est vraiment liée à la thérapie et non au contexte psychosocial (espoir lié à un traitement révolutionnaire)… hé oui, l’effet est spectaculaire, mais en science, on veut être sûr de son coup avant d’annoncer une nouvelle en étant sûr de soi 🙂 . Cela dit, pour l’instant, c’est spectaculaire : force, mobility, élocution… tous ces paramètres ont été améliorés, alors même que les AVCs pouvaient avoir eu lieu jusqu’à trois ans plus tôt…

Cette expérience continue d’étayer le consensus scientifique actuel sur la plasticité du cerveau, et sa capacité à fabriquer de nouvelles connexions neuronales ou à en réactiver certaines, inhibées par un accident…

Il sera sûrement intéressant de voir l’effet de cette procédure selon la manière dont les cellules souches sont obtenues (cela pourrait être non-significatif, et ce serait une bonne nouvelle, car toutes les manières d’obtenir des cellules souches ne se valent pas en termes de questionnements éthiques). A noter que les cellules de Sanbio étaient modifiées pour sécréter des facteurs de croissance, pour aider aux réparations du cerveau, et également limiter l’inflammation qui bloque le mécanisme de réparation.

Voili voilou… Si vous en avez le temps et la compétence, vous pouvez, bien sûr, consulter l’étude publiée par l’équipe de Gary Steinberg (en anglais).

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s